le blogue de Pierre-Emmanuel Lyet 
audio-visuel, multimédia, cinéma • graphiste animateur
Faire du cinema d'animation à Montréal
programme Coopération institutionnelle étudiante
09/09/2007 • voir / ecouter #6
« OSHEAGA FESTIVAL 2007
Pour sa deuxième édition, le festival de musique et d’arts d’Osheaga propose une affiche intéressante avec une première journée très cohérente dans sa programmation pop-rock. Ambiance cool et sympa garantie au soleil du parc Jean Drapeau sur l’île Ste Hélène. Quelques bières, on profite de la vue imprenable sur la baie de Montréal, le tout dans un nuage de poussière apocalyptique avant que le show ne commence vraiment sur le coup des trois heures de l’après-midi.
La surprise, c’est le groupe Blonde Redhead, qui nous offre un set habité et convainquant. Le trio s’applique et leur chanteuse charismatique Kazu Makino touche par son extraordinaire voix, si adaptée aux riffs de guitare.
Les suivants marquent par leur subtilité et leurs simplicité : Patrick Watson et son groupe sont tout simplement géniaux sur scène et arriveraient presque à transformer la monstrueuse et impersonnelle scène d’Osheaga en un piano-bar attachant. On retiendra le morceau sans micros, chanté avec la foule, guitare acoustique et batterie de poche à la clé. Le tout pour un concert vraiment touchant et servi d’une interprétation juste.
Le groupe Stars prend la relève, son rock branché plutôt chouette, mais c’est une autre canadienne qu’on attend, et Feist n’est pas la moins bien qualifiée pour prendre la suite de Patrick Watson. C’est donc par un couché de soleil magnifique qu’elle interprète les morceaux de son nouvel album « The Reminder ». La chanteuse et son groupe son tout simplement parfait, plus rock que d’habitude, tout en force tranquille, avec des guitares très lourdes aux sonorités blues brûlantes.
Il fait désormais nuit et la journée se trouve couronnée par un superbe concert de Damien Rice. Le chanteur, très pausé sur ces albums, s’impose comme une véritable bête de scène, jouant en permanence sur les contrastes, entre calme et fureur. Accompagné de musiciens exceptionnels (excellent batteur), l’homme convint son public et plus encore, car il est vraiment difficile de résister à ses titres mélancoliques.
On en vient presque à oublier les têtes d’affiche que sont les Smashing Pumpkins. Mais autant le dire honnêtement, la grosse machine ne pouvait en aucun cas rivaliser avec l’honnêteté et la qualité des quatre concerts qui lui ont précédé. On retiendra surtout un son assourdissant, un milieu de concert ennuyeux et une installation lumière épileptique. Triste est de constater que le groupe restera définitivement coincé dans les années 90. Assiste t-on a une mauvaise passe, comme l’avait vécu les Red Hot Chili Peppers lors de la tournée One Hot Minute ? Les remplacements des géniaux James Iha et Paz Lenchantin y sont pour quelque chose, si bien qu’on a, en fait, du mal à regarder ces faux Smashing Pumpkins… « Billy Corgan’s Band » leur irait beaucoup mieux.
On préfèrera donc le groupe Explosions In The Sky, complètement habité par leur musique sans parole, perdus quelques part entre Sigur Ros et Deftones… vraiment très particulier, le groupe porte bien son nom. Riffs de guitares aériens et dévastateurs, tout en crescendo, mais évitants toujours la vulgarité. C’est une musique cinématographique, poussant toujours plus loin leur son. En tout cas, aussi bon que leurs albums. »
