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11/10/2008 • Rond point existentiel et supranational : la Cité universitaire internationale de Paris

« Paris, le 11 octobre 2008

Dans ce grand parc à la fois mouvant et statique, déambule une faune à l’allure homogène. Cliquetis des talons sur le pavé couleur sable. Vestons proprets et joues garnies. Voyons de plus près…

Sous l’apparence d’un château fort moderne pour gens soignés et cultivés, la Cité universitaire internationale de Paris (Cité-U) est habitée par des centaines d’étudiants venus de partout à travers le monde. Quelque 130 nationalités différentes, réparties dans 40 maisons se côtoient dans ce grand espace vert situé au sud du 14e arrondissement de Paris. En plus des étudiants, la Cité compte plusieurs travailleurs, visiteurs, promeneurs, et autres déambulateurs anonymes. C’est que dans ce grand campus, il y a aussi un théâtre, une salle de spectacle, une bibliothèque, une salle de sport et un «restaurant universitaire» (que l’on qualifiera de cafétéria bon marché, bondée aux heures de repas). Derrière le bâtiment principal, une pelouse hydratée à merveille et moelleuse. Voilà l’image qu’à choisie l’administration de la Cité-U pour illustrer la couverture de son guide d’accueil 2008-2009.

Aux origines de la Cité
La Cité universitaire a été créée au lendemain de la Première Guerre mondiale dans le but de valoriser les échanges entre les étudiants internationaux (les «élites du monde entier» peut-on lire dans le guide d’accueil 2008-2009). Il s’agissait ultimement, d’«épargner à l’humanité le retour des horreurs», est-il aussi inscrit. C’est le ministre français de l’instruction publique de l’époque, André Honnorat, qui imagina la Cité internationale. Le projet se concrétisa en 1925, grâce à l’aide financière de banquiers, d’associations, d’industriels, et du gouvernement français. Le vieux rêve d’André Honnorat se poursuit encore aujourd’hui. La politique de «brassage» du tiers des étudiants de chacune des maisons vers une maison étrangère permet d’accroître les liens entre les cultures.

Reproduction culturelle
Bien que l’objectif de la Cité-U soit d’apaiser les tensions internationales causées bien souvent par un manque de connaissance de l’autre, elle est cependant le lieu d’une reproduction culturelle des classes sociales. C’est que la grande majorité des étudiants qui y résident proviennent des classes les plus aisées de leur pays respectif. Ouverture il y a, mais entre riches du monde entier. Cette réalité est palpable dans la Cité. Elle se sent dans l’atmosphère élégante du site, mais aussi à travers ses habitants, éternellement endimanchés. La Cité-U permet, il est vrai, un échange horizontal, mais exclut, donc, l’échange vertical.

Maison des étudiants canadiens (MEC)
Rénovée au cours des dernières années, la Maison des étudiants canadiens (MEC) est si neuve, que l’on croirait habiter chez «Ikea» même. Exit le sentiment de la vieille Europe. Le confort, cependant, est à son maximum. Le prix également. (De 450 à 560 euros par mois pour une chambre simple, avec cuisines collectives.)
La Maison du canada héberge 150 étudiants issus principalement du Québec et des autres provinces canadiennes, mais aussi de 40 pays différents. La résidence a été construite en 1926, suite à l’initiative du sénateur canadien Marcellin Wilson. Elle est historiquement la deuxième maison à avoir été construite sur la Cité universitaire.
Et puis, la MEC, c’est un monde en soi. La majorité du personnel qui y est engagé habite la maison. C’est notamment le cas de la directrice, dont le principal avantage est de jouir d’un balcon garni de fleurs. L’ambiance y est chaleureuse. Certains étudiants y vivent durant plusieurs années d’études consécutives. Qui plus est, la MEC est réputée pour ses fêtes, qui durent souvent jusque tard dans la nuit. Ils ont beau étudier à Sciences-Po, La Sorbonne et Polytechnique, la bière coule à flot ! »

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Commentaires

par Louise Courtemanche • 13 October 2008 01:52

Présentation historique de la Cité intéressante. Dans quelques mois, l''atmosphère te semblera-t-elle plus chaleureuse? C'est bien certain qu'il appartient aux occupants de la personnaliser, d'y apporter leur couleur.

par Benoit Bergeron • 20 October 2008 14:29

Paris, capitale historique de l'élite intellectualisée maintenant globalisée. La reproduction des dominations de classe de me surprend guère, puisque l'enseignement universitaire n'est pas l'apanage et encore moins à la portée des renégats de la société que le système capitaliste exclue de pus en plus, malgré ses belles promesses.

par patrick ma • 25 October 2008 08:33

moi aussi j'ai séjourné à la cité universitaire lors d'un stage d'étude en archi, j'ai vraiment adoré mon voyage, je t'envove plein de good vibes de mtl!

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