le blogue de Veronique Asselin 
administration, finance, gestion, RH • étudiante en management
Les aventures d'une Québécoise dans l'Ancien Monde
programme Pécuf
30/09/2008 • *Expérience du système scolaire français*
« Le temps passe rapidement ici. C’est particulier parce que je suis beaucoup moins occupée qu’au Québec où je travaille en même temps que je fais ma maîtrise. J’ai entre deux et trois jours de congé par semaine, souvent le lundi, mardi et parfois le vendredi.
Je devais au départ suivre environ huit cours pour équivaloir aux crédits des trois cours que j’aurais suivis à cette session à l’ÉNAP. Or, quand je suis arrivée pour faire mon choix de cours à l’IAE de Grenoble plusieurs choses avaient bougé, mais on m’avait prévenue…
Certains cours avaient changé de nom et, plutôt que de valoir 2,5 crédits ECTS, ils en valaient maintenant 5. Donc, j’ai pu réduire mon choix de cours à quatre cours plutôt que huit. Puis, j’en ai pris un de plus question de culture personnelle.
Voici donc mon choix de cours actuel :
-Relations de travail
-Introduction à la gestion des ressources humaines
-Analyse des coûts
-Pilotage budgétaire
-Gestion de projets
Le problème, c’est que le directeur des études qui avait accepté mon choix de cours en mai dernier a terminé son mandat et il est remplacé par une de mes anciennes profs qui refuse pour le moment de reconnaître les cours que j’avais choisis. Or, je n’ai rien changé à mon choix de cours, j’ai seulement éliminé certains des cours sélectionnés auparavant.
La directrice des études accepterait actuellement de me créditer un seul cours énapien et m’obligerait à en suivre un en même temps que le stage à temps plein que je dois effectuer à mon retour dans la Belle Province. Un autre cours me serait reconnu si j’accepte que mon stage vaille uniquement 9 crédits au lieu des 12 actuels Bref, c’est compliqué, surtout que l’un contredit la décision de l’autre. À suivre…
Actuellement, j’ai seulement trois cours de commencé, soit les trois premiers. La méthode d’apprentissage dans les facultés universitaires, la fac comme on dit, est différente du Québec sur quelques points importants.
Notamment sur le fait qu’on n’a presque rien à faire durant tout le semestre à part quelques petits devoirs qui prennent une heure ou deux à réaliser, parfois moins. Il n’y a pas de manuels, de livre, ou de cahier de textes à acheter comme au Québec.
Donc, on ne passe pas des journées à faire nos lectures obligatoires avant le cours comme c’est le cas chez nous. Même si je râle souvent contre cette charge de travail en début de session, ça me manque. Pour moi, le fait de lire sur la matière à l’étude m’aide à me plonger dans le sujet à l’étude et dans comprendre les différentes facettes. Ça aide à faire un débroussaillage de la matière et éveille notre intérêt.
En comparaison, suivre un cours magistral uniquement permet une connaissance de la matière plus superficielle, selon moi. On est réduit à « avaler » tout ce que le prof dit comme si c’était la vérité suprême sans pouvoir le remettre en question. J’aime mieux me faire une idée de la matière dans mes lectures et bonifier ma connaissance sur la question avec les arrêts que le professeur fait sur la matière.
Je ne puis pas dire, par contre, que la qualité de l’enseignement prodiguée à l’IAE ne souffre la comparaison avec celle du Québec. Je n’ai rien à lui reprocher. Les professeurs sont dynamiques et pédagogues.
J’aime bien mon cours de relations de travail. Le prof nous soumet à des simulations d’embauche et organise des débats sur la discrimination lors du recrutement, etc. C’est intéressant de voir la réaction des gens et notre propre façon de réagir à la situation. Par exemple, dans le cas d’une simulation d’entretien d’embauche, un étudiant jouait le rôle d’un patron qui coupait toujours la parole à la personne interviewée, un autre élève, et qui était vraiment chiant. L’interviewé en est ressorti vraiment embêté et la classe en avait un peu contre le « méchant » parce qu’on ne savait pas encore que le prof lui avait imposé ce rôle…
Ce cours nous fait aussi réfléchir aux principales caractéristiques qui conditionnent la discrimination d’un candidat à l’embauche (réception du CV ou entretien avec le recruteur) : âge (les 50 ans et plus, on oublie ça…), nom à consonance étrangère, couleur de peau, lieu de résidence (banlieue parisienne peu recommandable, on oublie ça), sexe, handicap, apparence physique (exemple, un gros candidat qui postule sur un poste de représentant ne sera même pas appelé pour des entretiens).
Il faut dire, aussi, qu’en France les curriculum vitae comportent pour la plupart la photo du candidat, ce qui est une porte ouverte à la discrimination : « celui-là ne me reviens pas, ce n’est pas la peine, etc. »
Bref, c’est un cours bien intéressant. Voilà pour le résumé de mon expérience actuelle du système français.
J’ai osé lever ma main en classe pour répondre à une question et une élève m’a dit par la suite que mon accent était vraiment drôle. J’étais surprise parce que j’avais fait exprès de parler « à la française » pour mieux me faire comprendre.
Un autre m’a demandé de dire « Je suis tellement contente!» comme Céline Dion. Je ne savais pas trop de quoi il parlait, mais y parait qu’elle dit toujours ça dès quelle pose les pieds en France.
Bon, allez, je vous quitte. À la prochaine!
(Photo de l’IAE, institut d’administration des entreprises, sur le domaine universitaire. Le bâtiment est neuf et pimpant, c’est très agréable d’y étudier.) »
