le blogue de Laure Fernandez 
arts de la scène et création • doctorante en théâtre
De la Seine au Plateau
programme Action-Développement
30/06/2008 • Tetris
« Jour 17. Je passe la matinée à travailler avec MC. Nous discutons de l’état de ma thèse et des documents que j’ai trouvés ici, depuis le début de mon séjour. Elle me conseille de stopper un peu mes recherches historiques, déjà assez complètes, et de constituer un corpus d’œuvres à analyser, qui me permettrait de recadrer mon sujet. A priori, il y aura des photographies, des installations, et une ou deux pièces de théâtre (à l’état actuel de mon travail, je ne suis plus bien certaine de garder la danse). La difficulté (et l’intérêt, à la fois) de mon sujet, c’est qu’il traite d’un phénomène vraiment contemporain. Tous les écrits que je trouve datent des années 70-80, mais ce qui m’intéresse, c’est de voir quelle place à aujourd’hui le théâtre parmi les autres arts. MC évoque aussi la possibilité de trouver un co-directeur nord-américain pour finir ma thèse. C’est en effet une idée à creuser, les recherches françaises et américaines étant, je l’ai déjà évoqué, extrêmement complémentaires.
Je rejoins ensuite Q. pour un déjeuner au Marché Jean Talon, puis nous empruntons la piste cyclable qui longe la voie ferrée pour nous rendre au Biodôme, une sorte de zoo reconstituant différents climats. J’ai toujours aimé ces décors industriels d’usines désaffectées et de gares.
Au Biodôme, nous sommes comme des enfants. Nous cherchons les animaux, rions des pingouins (à propos, qui peut m’expliquer enfin la différence entre un manchot et un pingouin ?), aidons d’autres touristes à apercevoir un lynx…
(voir photo, source = www.quebecmusts.com)
Nous descendons ensuite jusqu’à la ville. Je crois que mon pauvre corps commence à souffrir d’autant de vélo, tout autant qu’il me remercie d’éliminer toutes ces calories ingurgitées (vous avez dû remarquer que j’ai un sérieux coup de fourchette ; et encore, je me suis retenue pour ne pas évoquer dans ces pages mes petits déjeuners, généralement constitués d’un magnifique bagel de chez Fairmount, aux bleuets ou au sésame, généreusement (très généreusement, confirmerait J., ma colocataire) recouvert de beurre de cacahuète crémeux… un poème…). Nous faisons une pause dans un charmant salon de thé, Camellia Sinensis, rue Emery dans le quartier Saint Jacques, qui propose une vaste variété de thés principalement chinois, taiwanais et japonais. Le serveur nous explique comment utiliser la théière traditionnelle : laisser infuser les feuilles 20 secondes (puis 10 secondes supplémentaires à chaque nouvelle infusion), verser ensuite cette infusion dans une deuxième théière, puis dans une petite tasse haute qui permet aux arômes de se libérer, et pour finir dans une petite tasse ronde où l’on boit. Il nous conseille également de « revenir » de temps en temps à la tasse haute, c’est-à-dire de humer à chaque infusion les nouvelles senteurs qui se dévoilent.
Après ce moment de raffinement total, direction… Frite alors ! Addiction, addiction, j’avais bien précisé… Malheureusement, nous avions en projet de goûter le Gaspé Burger, un burger au homard, mais d’autres ont visiblement eu la même envie, si bien que de homard il n’y a plus… Q. tente le bien nommé Gros Machin, tandis que je déguste un Bêêêêêrger, burger au fromage de chèvre.
Jour 18. Déménagement. Je récupère, pour la fin de mon séjour, l’appartement de MC, partie pour quelques jours avec sa famille à Québec. J’ai l’impression de jouer à Tetris, un Tetris géant qui consiste à trouver le moyen de faire entrer dans deux petites valises environ 10 kilos de livres achetés ici. Nous réussissons, finalement, à battre tous les records en moins de deux heures.
Arrivés chez MC, nous enfourchons nos vélos, direction le Mile End, puis le Marché Jean Talon. L’orage éclate ; nous rentrons à la maison pour une soirée musique-lecture-DVD. »
Commentaires
par Solenne CT • 02 Juillet 2008 10:06
si cela peut t'éclairer : Deux familles biologiques différentes Le manchot appartient à la famille des sphénisciformes. C'est un oiseau marin assez grand et imposant. Sa particularité ? Cet oiseau ne vole pas et ses ailes atrophiées lui servent de nageoires. Oui vous vous rappelez que le pingouin vole lui, donc la différence est de taille. Les pingouins sont des oiseaux marins également, ils appartiennent à la famille des alcidés, comme les guillemots et les macareux. De petite stature, ils sont bien moins imposants que les manchots et surtout ils sont capables de voler. Une géographie appropriée Vous avez encore des doutes et craignez de les confondre toujours. Un dernier conseil, plus simple. Si vous explorer les banquises australes, c'est-à-dire si vous êtes dans l'hémisphère Sud, et que vous croisez un de ces drôles d'oiseaux, n'ayez aucun doute : il s'agit d'un manchot. Aucun risque de se tromper, seuls les manchots sont présents dans cet hémisphère et absents au Nord. Pour résumer : les pingouins colonisent le Nord, de l'Arctique aux côtes bretonnes, et les manchots le Sud.
