Mathieudubois

le blogue de Mathieu Dubois

communications • assistant chargé de l'accueil des professionnels

Stage au Festival international du film de La Rochelle

programme Formation et emploi

29/06/2008 • Et c'est partie!

« La semaine avant le début d’un festival est toujours incroyablement chargée. Entre les multiples rendez-vous, les multiples déchargements de copies de projection, du matériel pour les cocktails et autres, il est difficile de trouver du temps pour faire avancer et terminer les dossiers qui nous sont confiés. Le deadline est pour jeudi et tout doit être fin prêt.

Nous avons déménagé le bureau du festival au sein de La Coursive, scène national de La Rochelle et quartier général du festival. Malheureusement, les bâtiments classés patrimoine n’ont pas beaucoup de fenêtres qui s’ouvre (voir une seule dans toute la place) et la climatisation interdite. Inutile de dire qu’en cette fin de juin fortement ensoleillé, il fait chaud rapidement et le soleil qui plombe dans les fenêtres transforme l’endroit en véritable four à petits pains.


Le camping où loge les festivaliers et certains membres de l’équipe

...

Parlons boulot. Étant en charge de l’hébergement, je suis allé accueillir les membres de l’équipe à la gare 3 fois par jours et leur montrer l’endroit où ils allaient dormir. Le festival a loué de chics appartements au centre-ville et nous y logeons les stagiaires et bénévoles qui, pour la plupart, reviennent travailler pour le festival depuis 2 à 3 ans. Ils se connaissent donc tous et semblent également courir les festivals français pour y travailler. Qu’à cela ne tienne, tout le monde est très gentils et l’intégration est plus que facile.

3 jours d’accueils et de rencontres avec l’équipe, c’est maintenant le tour des festivaliers et des groupes scolaires qui viendront dormir au camping municipal. Ma semaine consistera donc à aller au camping accueillir les gens, montrer les lieux, faire preuve d’autorité pour qu’ils respectent la propreté des lieux ainsi que la tranquillité des autres campeurs, m’occuper du paiement des séjours, retourner au camping lorsqu’ils quitteront pour m’assurer qu’ils ont bien nettoyé les tentes pour les campeurs suivant, etc, etc, etc. De plus, il faut être alerte à tout ce qui se passe pour prêter main forte aux différents départements. Donc, je me suis transformé en homme à tout faire. Ce qui me plaît bien puisque ça me fait bouger et me familiarise avec d’autres types de tâches que les miennes.

Parmi cela, il me faut profiter du festival et des nombreux cocktails! Donc, entre deux dossiers et deux verres de champagne, j’ai trouvé du temps pour me cacher dans une salle de cinéma pour voir non pas un, mais deux chefs d’oeuvres: Crépuscule de Gloire (The Last Command de Josef von Sternberg, 1927) et Mister Lonely (Harmony Korine, 2008). Le premier était un film muet accompagné en direct par un pianiste. C’était vraiment parfait. Au lieu de tout simplement accompagner le film par sa musique, Jacques Cambra, le pianiste, a fait une véritable ré-interprétation musicale du film. Expérience chargée d’émotions qui accentuait la maîtrise technique et scénaristique de von Sternberg. Tout ceux qui croit que les films muets sont moche ne connaissent absolument rien. Von Sternberg mène de main de maître une histoire de trahison sur fond de révolution russe en y mélangeant une critique cynique sur le cinéma hollywoodien et ses artisans. « History repeat itself ». Mêlant moments comiques et tragédie, le réalisateur n’épargne personne, ni ses personnages, ni le spectateurs. Et que dire de la composition des images et de la justesse des cadrages, une jubilation constante.

Deuxième émotion cinématographique, le dernier film d’Harmony Korine, réalisateur de Gummo et scénariste de Kids. Ayant habitué tout le monde avec des films chocs montrant une Amérique profonde laide, cruelle, désabusée et abandonnée, Mister Lonely est un film à milles lieux de ça. Oeuvre respirant la sérénité tout en gardant la signature esthétique de Korine, ses obsessions et son goût pour les images fortes d’une poésie singulière. Le film suit le quotidien d’un personnificateur de Michael Jackson, qui sous l’invitation d’une jolie Marilyn Monroe quitte Paris pour se rendre dans un château où une communauté de personnificateurs tente de monter « the greatest show on earth ». James Dean, Madonna, le pape, la reine Elizabeth, Charlie Chaplin, Shirley Temple et les Three Stooges s’y trouvent. Parallèlement, il y a une intrigue complètement surréaliste de nonnes missionnaires au Panama qui se jettent en bas des avions sans parachutes pour montrer que la pureté divine mène aux miracles et à la survie d’une chute de 2000 mètres d’altitudes! Mister Lonely est un film fourre-tout drôle et poétique sur la recherche de soi et du sens de la vie. Peut-on être soir même tout en vivant dans la peau d’un autre? Est-ce que notre perception du monde change en adoptant celle d’un autre? Peut-on fuir notre identité en se cachant derrière un masque? Tout ça avec une touche d’ironie et un humour parfois très noir. Un must! »

Salle3

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