le blogue de Michaël Maltais 
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Un toit en Gâtine
programme Formation et emploi
28/06/2008 •
« La légende de Pougne-Hérisson

La légende ancienne
- Des origines à la guerre de Cent Ans -
La légende dit qu’au commencement est le verbe. Puis le verbe se fait émotion. Alors, il devient feu, le feu des origines, le feu brulant des histoires du monde. Lors du Big Bang mythologique, dans une immense gerbe, ce feu se disperse aux quatres coins de notre terre répandant le pollen d’histoires et de mythes.
Les histoires prennent les couleurs, les odeurs et les habits des terres et des peuples lointains. Ce sont des chemins de vie traversant les siècles et les civilisations, insensibles aux avatars du monde. Mais comme les anguilles vont, selon un antique savoir, se reproduire à la mer des Sargasses, les histoires reviennent se régénérer à la source des émotions, à Pougne-Hérisson, là où tout recommence, où tout se raconte à nouveau…
Une fois refroidi, le feu se fait pierre de granit, minerai de conte où la parole repose. Le rayonnement de ce minerai irradie les plus lointaines galaxies envieuses de ce trésor. Les géants viennent des étoiles pour puiser les précieux éclats de granit et emplir leur vide intersidéral d’histoires éternelles.
La légende assure que sous l’énorme bloc de granit, là où le feu des histoires primordiales bouillonne encore, vit un géant gardien des histoires.
Au début du Moyen-Àge, Pougne-Hérisson est un village bruissant de rires et de vie. On y croise les moines bénédictins du prieuré St-Jean, on entend les hommes d’armes et les marchands festoyer dans l’auberge St-Georges. Au pied du château, trouvères et troubadours, venant de toute l’Europe, se recueillent à la source des histoires. Ils descendent à la mine d’histoires chercher le précieux minerai et font des provisions pour leurs longues et périlleuses tournées à travers landes et forêts.
Mais le destin cruel s’abat sur le pays: la guerre de Cent ans et son cortège de cruautés et de souffrances. Durant un siècle, tout n’est que frénésie, bruits de batailles et de fureurs. Les hommes ne descendent plus à la mine. Les histoires ne circulent plus et la mine souffrante se tarit inexorablement. Lorsque la guerre cesse, la mine est obstruée, recouverte par le lierre et les ronces. Le peuple Gâtinais autrefois joyeux et plein d’entrain n’est plus.
La légende moderne
- L’héritage de John Barney Fergusson -

»
Le 6 juin 1944, un dénommé John Barney Fergusson fut parachuté par erreur sur Pougne-Hérisson. Cet Américain natif du Colorado, anthropologue méprisé dans son pays natal, tombe dans la mine abandonné et la redécouvre…
Lors de sa chute, JBF se fait une entorse et reste caché dans la mine où il est ravitaillé par les villageois. Il y restera jusqu’à la Libération.
C’est à ce moment qu’il rencontre Robert Jarry, le forgeron du village. Il deviendra son ami et collaborateur. Ensemble, pendant plusieurs années, ils vont étudier minutueusement le rôle de Pougne-Hérisso dans le monde. JBF entreprend de longs voyages afin d’observer le phénomènes sur les autres continents. Pendant des années, il accumule des preuves et rédige sa fameuse thèse: « The Nombril. Why? How? », mettant en lumière le rôle crucial de Pougne-Hérisson en révélant sa vocation de Nombril du Monde.
Malheureusement, cette oeuvre fondamentale disparaît en même temps que son auteur lors de l’incendie de la grande bibliothèque de Pougne-Hérisson, le 30 juillet 1958. Dès lors, Robert Jarry décide de poursuivre l’oeuvre de son défunt compagnon: faire revenir à Pougne-Hérisson les histoires parties du Nombril du Monde à l’origine. Il travaille sans relâche, dessinant des centaines de croquis pour fabriquer une machine destinée à accueillir les histoires pèlerines.
Il imagine et réalise dans son jardin une sorte de foyer d’accueil pour mythes fatigués. Le plus grand regret de Robert aura sans doute été l’échec de cette machine qui de son vivant n’a jamais fonctionné. Il avait sous estimé l’énergie nécessaire à la mise en route du réacteur à histoires. Il fallait la gaver d’histoires et de contes pour réactiver la pompe. Malheureusement, à l’époque, il ne passait ne passait plus suffisamment d’histoires dans le ciel de Gâtine.
C’est au début des années 90 que Yannick jaulin redécouvre quelques traces des travaux de JBF et de Robert Jarry.
Depuis, par la présence de conteurs, d’artistes en tous genres, par le festival du Nombril, par la parole des humains, les histoires revivent à Pougne-Hérisson. Les ombilicologues ont repris les travaux et aujourd’hui, grâce à la science des Nombrils du Monde – l’Ombilicologie – le rêve de JBF et de Robert Jarry s’est finalement réalisé: la machine à tarabuster fonctionne et Pougne-Hérisson a retrouvé son âme.

Le 6 juin 1944, un dénommé John Barney Fergusson fut parachuté par erreur sur Pougne-Hérisson. Cet Américain natif du Colorado, anthropologue méprisé dans son pays natal, tombe dans la mine abandonné et la redécouvre…
Lors de sa chute, 


Depuis, par la présence de conteurs, d’artistes en tous genres, par le festival du Nombril, par la parole des humains, les histoires revivent à Pougne-Hérisson. Les ombilicologues ont repris les travaux et aujourd’hui, grâce à la science des Nombrils du Monde – l’Ombilicologie – le rêve de