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le blogue de Jocelyne Richard

sciences humaines, politiques, juridiques • bibliothécaire

Stage à Bibliothèque des sciences humaines et sociales de l'U. Laval

programme Coopération institutionnelle étudiante

22/04/2008 • Québec, la pittoresque

« Et si je vous parlais de l’exposition sur Québec au travers des récits de voyage?
Elle se prépare pour la mi-juin et prendra place dans les locaux de la Bibliothèque de l’Université Laval, si vous passez par là…
Quelques personnes spécialistes en géographie, littérature, en muséologie se retrouvent autour de ce projet. Madeleine Robin travaille à la valorisation des collections. Durant mon stage,je suis sous sa responsabilité. Elle m’a entraînée à une réunion de coordination sur l’exposition et à mon tour je me suis retrouvée entraînée dans cette aventure avec un plaisir je dois l’avouer. C’est à la fois fastidieux et excitant de faire des trouvailles dans les collections de la bibliothèque. C’est un peu comme une quête. C’est l’occasion notamment d’aller feuilleter les livres rares par exemple. Et puis, pour moi, c’est comme si Québec ouvrait un album de photos pour me montrer ses vertes années, ce par quoi elle est passée pour être ce qu’elle est.
Alors, je ne vais pas vous laisser là sur le quai. Je m’en vais partager trois extraits parmi les nombreux écrits parus sur Québec. Vous n’êtes pas tenus de tout lire, faites comme bon vous semble. Je vous en propose un premier de Jean-Jacques Ampère, écrivain et historien français (1800-1864):

« Aux premiers rayons du jour, je suis au pied du cap Diamant et de ces grands rochers qui forment comme le soubassement de Québec, et en font une position si forte. Ils me frappent par une singulière ressemblance avec la montagne du Boule, qui domine Cherbourg.
La situation de Québec est magnifique. Au pied des rochers que la ville couronne, la rivière Saint-Charles vient se jeter dans le Saint-Laurent ; en face sont de beaux villages, de blanches maisons semées au milieu des arbres ; de légères embarcations et de gros navires voguent sur le fleuve majestueux : la vue les suit jusqu’au moment où ils tournent derrière ce promontoire sombre et grandiose qui s’appelle le cap Tourmente, et la ville domine cet ensemble pittoresque d’eaux, de rochers, de villages, au-dessus desquels elle est suspendue. »

Vous n’êtes pas trop essoufflés? Continuons avec un extrait de Jules Leclercq, géographe, voyageur et écrivain français (1848-1928):

« C’est pendant la nuit que les steamers du Saint-Laurent franchissent la distance de cent quatre-vingts milles qui sépare Montréal de Québec. Je m’embarquai à sept heures du soir à bord du City of Quebec, un de ces palais flottants à quatre étages qui rivalisent de grandeur et de magnificence avec les célèbres steamers de l’Hudson. Après une navigation de douze heures, je me réveillai, le lendemain matin, devant l’ancienne capitale de la Nouvelle-France, qu’on a surnommée avec raison le Gibraltar d’Amérique.
Cette ville m’a dès l’abord frappé d’admiration par la beauté merveilleuse de son site. De même que New York, elle occupe une langue de terre, le cap Diamant, comprise entre deux rivières, le Saint-Laurent et la rivière Saint-Charles. Mais là cesse la ressemblance. New York s’étend sur un terrain plat, Québec se développe en amphithéâtre sur un roc escarpé et sourcilleux que couronnent les massives murailles de la citadelle.
Bien que Québec soit à plus de cent cinquante lieues de l’Océan, son port est assez profond et assez vaste pour contenir toutes les marines de l’univers. Le Saint-Laurent a ici une demi-lieue de largeur : il est moins large cependant qu’à Montréal. Le fleuve est profondément encaissé entre les montagnes à pic qui le dominent de chaque côté; un peu plus bas il s’élargit tout à coup et forme une admirable baie qu’on a comparée, et à bon droit, à la baie de Naples.
Mais Québec n’a pas, comme Naples, un ciel en harmonie avec la beauté de son site : bien que cette ville soit sous la même latitude que Nantes, son climat est celui de Christiania et Moscou. À peine y étais-je arrivé, que la froide bise du nord m’a mordu à la gorge comme une bête fauve. J’en fus réduit à sortir de ma malle mes vêtements d’hiver que j’y avais laissés dormir depuis deux mois; mais je me hâte d’ajouter qu’après les chaleurs sans exemple des jours précédents, cette nouvelle température me parut une vraie bénédiction. »

Enfin, si vous êtes parvenus jusque là, un extrait de Gustave de Molinari, théoricien de l’économie politique et auteur belge(1819-1912)constituera la dernière note de ce morceau dédié à Québec :

« Le temps est admirable, et la City-of-Quebec, sur laquelle je m’embarque, est un splendide bateau, à trois étages, un hôtel ambulant qui me transporte en une nuit de Montréal à Québec […]
Les rives du fleuve se sont graduellement élevées, et le cap Diamant, sur lequel est bâtie la citadelle, a bien une centaine de mètres de hauteur. Au pied de la citadelle est groupée la ville haute, encore entourée de ses vieux remparts qui datent de Champlain, le fondateur de Québec; au-dessous, le port, la ville basse et les faubourgs, formant une agglomération de 75,000 habitants, pour les quatre cinquièmes Français. Nous descendons, ou pour être plus exact, nous montons par des rues escarpées à l’hôtel Saint-Louis, où l’on parle anglo-français, et nous allons courir la ville. Les rues, mal pavées, sont bordées de trottoirs en bois; les maisons, à un ou deux étages, sont en bois, en briques rouges ou en pierres grises, avec de doubles portes et de doubles fenêtres garnies de persiennes vertes […] Voici, au pied de la citadelle, la terrasse, flanquée de deux canons russes pris à Sébastopol, présent de la reine. Des canons! Il y en a par douzaines dans la grande batterie, la petite batterie, sur les remparts, partout! Mais ils sont d’un âge respectable, et je n’aperçois pas l’ombre d’un canonnier. De la terrasse, on jouit d’une vue merveilleuse : en face s’étend la grande nappe du Saint-Laurent; au-dessous, la port, la ville basse, tandis qu’à l’autre rive s’étage en amphithéâtre le gros bourg de Levis avec ses toits étincelants; plus bas, l’île d’Orléans, des bois, des prairies, et, bornant l’horizon, la chaîne des Laurentides. »

Bon, j’espère que vous avez aimé. Je vous réserve d’autres lectures mais d’un autre style…Et puis avant d’éteindre la lumière, ouvrez bien vos mirettes, voici une photo de Gaspésie!Bon, elle est un peu petite, je l’admets. Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois. Vous pouvez toujours laisser aller votre imagination.

Attention! j’éteins. Oups!J’allais oublier l’envoi de becs sucrés! »

Gasp_sie

Commentaires

par Maryline • 23 Avril 2008 19:31

Salut La voyageuse... Et toi ta definition ta description elles erait comment?quelles sont les multiples changements? de bises à toi! Ps: dsl je ne prends le voyage qu'en court de route mais j'ai hate de remonter les wagons pour arriver à ta hauteur...

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